Le 6 janvier 1709 en fin de soirée commence le plus terrible hiver dont l'Europe ait gardé la mémoire.
On pouvait aller à pied des côtes du Danemark à celle de la Suède.
Le Zuydersee (marais situé aux environs d'Amsterdam) fut entièrement gelé.
Tous les canaux et lagunes de Venise étaient pris par les glaces, cela ne s'était pas produit depuis 1234.
Il était impossible d'écrire, l'encre gelait dans les encriers.
Le pain et le vin gelaient sur les tables.
Dans toutes les forêts d'Europe des milliers d'animaux sauvages mourraient de froid et de faim.
Des centaines de personnes furent retrouvées mortes et figées au fond de leur lit.
A Paris un incendie devint une catastrophe parce qu'il n'y avait plus d'eau pour l'éteindre et parce que les cloches se fendaient quand on essayait de sonner le tocsin.
La Loire gela pratiquement sur toute sa longueur, la Seine, le Rhin, la Saône et le Rhône gelèrent également, les paysans les empruntaient pour traverser à pieds, et pour faire passer les charrettes d'une berge à l'autre.
A Montpellier des arbres gelaient, jusqu'aux chênes centenaires qui se fendirent en deux sous l'effet du froid, les oiseaux tombaient au sol gelés en plein vol.
La vague de froid fut particulièrement incroyable entre le 10 et le 21 janvier.
Les températures, de jour comme de nuit tournèrent alors autour de -20 ° à Paris.
Vers les 13 et 14 janvier des températures allèrent jusqu'à -23° et une température de -26° fut enregistrée à Paris.
A Bordeaux les températures descendirent jusqu'à -20,5°, à Montpellier elles descendirent jusqu'à -16 ° et à Marseille –17,5°.
On dit que le vin de Louis XIV gelait le temps de traverser les pièces pour arriver sur sa table.
En Angleterre la Tamise gela.
A Berlin la température descendit à -13,6°.
Fin février la température fut de -6,9° puis en Mars elle remonta de quelques degrés.
Cette vague de froid fut suivit d'une terrible famine, le prix du blé ayant été multiplié par cinq. Des épidémies de tous genres ravagèrent l'Europe pour les années à venir et il y eut de nombreuses révoltes paysannes.
Plus près de nous, l'hiver 1956 !
En février la température descendit à -20° à Paris, -13° a La Rochelle, -16° a Saintes.
De Lille à la Normandie des chutes de neige de 60 cm à 1,20 m de hauteur recouvrirent ces régions.
La Loire charriait des glaçons de 1m.
En Tunisie la température descendit a - 8°.
Lyon le bassin gelé.
A Saint Tropez il est tombé 1 mètre de neige en quelques heures, tous les pylônes EDF et PTT étaient au sol.
A Munich le Danube était en cru fin janvier, l'eau de centaines d'immeubles inondés s'est transformée en glace dur dans les appartements sur 1 mètre d'épaisseur, faisant s'effondrer planchers et hourdis.
La Seine, la Loire et le Rhin pris par les glaces étaient impraticables.
Cet épisode de froid se solda par 1000 personnes décédées en Europe.
La seine prise par les glaces.
Si cette vague de froid se produisait de nos jours cela se transformerait en une catastrophe incommensurable.
Plus de 100 000 personnes décèderaient par la vague de froid.
Les transports paralysés ne permettraient plus l'approvisionnement alimentaire.
Le parc routier serait en forte majorité hors d'usage, circuits de refroidissement éclatés, fuel inutilisable.
Les centrales nucléaires ne produiraient plus d'électricité les systèmes de refroidissement étant pris par les glaces.
Les réseaux aériens des télécoms et les réseaux hertziens seraient en grande partie anéantis.
95% de la population se retrouverait privée de chauffage et d'électricité avec des canalisations éclatés par -10° à -15°.
Il faudrait des années pour nous en remettre.
p'tite môman.